Bonne année au fait ! Alors j'en étais où ? Ce qui est rigolo avec Second World, beaucoup moins à jour que Haru a un avis sur tout où je tiens je ne sais pas trop comment le rythme effrené d'un article par jour pour des stats modiques, malgré une très belle progression depuis que j'ai été repris chez Rue89, ce qui pue la classe il faut l'avouer, c'est que la mise à jour très irrégulière n'empêche pas que ça soit une histoire à épisodes rigolote. Avouez-le franchement, même si dans le fond je mets le doigt sur la difficulté d'être geek, gay, travailleur non diplomé, dépressif à tendance suicidaires, hystérique et drama queen à la fois, ça reste drôle non ?
A la rigueur, une comédie dramatique. Oui, j'aime bien l'idée d'être une comédie dramatique ! On rigole on rigole mais dans le fond, c'est pour éviter d'en pleurer et mine de rien, ça fait un peu cogiter. Des fois quand je me relis, dans d'anciens billets, j'ai de la tendresse voir de la compassion pour qui j'étais à l'époque, Oh non, non pas que j'aime vivre dans le passé, croyez bien que tous les six mois à peu près je me dis que ça y est je ne changerai plus jamais et quand je repense au petit con que j'étais six mois avant, j'ai honte d'avoir imposé ce spectacle à mon entourage. Ainsi, l'avantage est que la courbe de progression est excessivement positive au final, ça n'est pas si mauvais que ça en fait.
La dernière fois je vous expliquais que j'étais devenu un connard. C'est vrai, ne me dites pas le contraire, je suis devenu un connard ! J'ai signé le mois dernier le premier contrat à durée indéterminée de ma vie et ça m'a fait badder. Comme souvent quand je passe une étape dans ma vie, je ne recens le stress qu'une fois l'étape franchie, et bizarrement pas avant comme les autres.
C'est con mais je dois vous l'avouer, tout cela m'inquiète : je ne sais absolument pas où je vais mais ce qui est sur, c'est que j'y vais de plus en plus vite et ça croyez moi, ça me fait peur. J'ai un peu peur que le terminus soit un bon gros mur en béton armé sur lequel je vais venir m'exploser la face.
Quand je dis que je suis entrain de devenir un connard, et n'allez pas vous imaginer que ça m'enchante, c'est que vraiment, je deviens un connard : je conchiais sur les CSP+ il n'y a pas si longtemps et pourtant, malgré le job sur et stable que j'ai décroché et l'augmentation qui va bien, je ne rêve plus que de 13ème mois et prime... Maintenant que je l'écris et que je me dis que vous allez tous le savoir, je n'en suis plus vraiment sur en fait. Je pense certainement que ces perspectives exclusivement salariales sont dues au fait que les perspectives d'avenir du site où je bosse sont scandaleusement floues depuis des années, aussi, en l'absence de cap et de réussite collective comme j'aimerais qu'on en ait, la seule perspective acceptable est la réussite perso, et pourtant c'est pas franchement mon style.
C'est là en fait où je me dis vraiment que je suis devenu un connard : certains diraient que je me suis endurci mais pour le socialo que je suis, si, c'est être un connard. J'ai fini par comprendre que la volonté du travail bien fait et l'envie d'être fier de ce qu'on a fait le soir en rentrant, ça n'est pas grand chose surtout si la reconnaissance ne vient pas. C'est con, mais je me suis rendu compte que toutes les améliorations que l'on demande et qu'on nous refuse, au final, c'est les décideurs que ça pénalise : je n'ai ni actions dans la boite, ni intéressement, alors finalement, me casser le cul à leur expliquer comment, au final, gagner plus de thunes, ça ne me concerne pas trop. Bon j'arrete de parler boulot.
J'ai un horoscope du feu de dieu depuis le début de l'année qui me parle de réussite amoureuse et professionelle et m'encourage dans mes projets... Mmm. Ne serait-il pas temps de me remettre sérieusement à mon idée d'aller dragouiller la télévision ? J'y pense sérieusement et souvent j'y reviens : c'est un gros fantasme pour le coup. J'imagine des trucs dans le jeu vidéo mais pire, pas seulement : animer un call-tv matinal ne me dérangerait pas plus que ça... OH BORDEL à la liste des défauts de tout à l'heure, ajoutons sans tarder un égotisme démesuré !
Ce qui est drôle c'est que mon envie de faire des jeux mon métier m'est venue assez jeune mais encore plus tôt, je rêvais de télévision et des fois je me dis, à force de ne pas accepter ce qu'il faudrait que j'accepte (je n'ai pas un talent démesuré et personne ne m'attend comme le messie), qu'il y a peut être une histoire de destin ou je sais pas. Finalement dans ma vie j'ai un bol incroyable quand même, par rapport à d'autres. J'ai souvent eu la chance d'être au bon endroit au bon moment, pas toujours, mais assez souvent finalement...
C'est étrange. Cette réussite relative (parce que bon finalement, avoir un CDI et être journaliste peut être bientôt encarté à 19 ans ça suscite des oh et des ah admiratifs un peu partout et je vais finir par croire que je suis au dessus du merdier où j'ai l'impression d'être) m'ennuie : c'est peut être mon coté dépressif, instable, insatisfait : je ne suis pas un hyper perfectionniste, je répête à longueur de journées que nous ne sommes pas des anges, mais j'ai toujours envie de plus et pas forcément dans un sens consumériste. Ici et maintenant c'est important, mais demain, ça l'est encore plus et ça fait un peu peur : alors autant essayer de savoir au plus vite ce qui nous attend.
Je navigue à vue mais je garde toujours un oeil à l'horizon (oh bordel on dirait une métaphore de mauvais roman) : s'il n'y a rien c'est mauvais signe, autant savoir où l'on va et comment. Je ne suis pas un pro de la planification mais je calcule atrocement tout, j'en avais déjà parlé : l'inconnu m'angoisse alors d'avance j'envisage toutes les éventualités possibles rapidement histoire d'être un minimum préparé. En tout cas, d'éviter d'être surpris. J'ai pas l'impression d'être très clair mais je ne le suis pas avec moi même non plus.
Tout ça pour dire que je suis un connard parce que dans l'immédiat je suis dans une routine qui n'est pas mon habitude et que je ne me projette pas dans grand chose de sérieux et que je n'aime pas ça. Une fois arrivé à un truc qui me satisfaira quotidiennement personnellement, ça devrait me passer. J'espère.
2009 au final a été une bonne année malgré un début laborieux et incertain. Et finalement, encore une fois, sans trop comprendre comment, ça a été l'année la plus riche de ma vie je ne sais pas trop pourquoi : début 2009, j'avais trouvé que 2008 était une année bien meilleure que 2007. 2007 qui avait été un cru exception par rapport à 2006. Vous voyez le truc. J'ai du mal à m'imaginer ce qui pourrait m'arriver de mieux en 2010 vraiment. La lueur d'espérance que je garde au fond de mon âme dépressive me dit d'être serein, de croire en le connard que je suis et en les conneries que je fais. Après tout, j'ai prévu d'essayer de transformer quelques essais alors tout peut arriver... Quoi ? L'amour ? Allons, soyez sérieux...
J'en profite pour rappeler que si 2009 était l'année de la dinde dans le cul d'après Monsieur Poulpe, j'ai décidé de ma propre initiative que l'année 2010 de l'humanité toute entière serait placée sous le signe de Lady Gaga, merci d'avance de nous excuser pour la gêne occasionnée.
Je vous embrasse.
Haru







Oui, je suis censé sourire.

